Cryptographie
AEAD : Authenticated Encryption with Associated Data. « Chiffrement authentifié avec données associées », par analogie avec une enveloppe scellée dont l'adresse reste lisible mais dont la moindre retouche, adresse comprise, saute aux yeux.
Deux garanties d'un coup : Le contenu reste confidentiel et toute modification, même d'un seul bit, fait échouer le déchiffrement. Pas de résultat partiel : le message intact ou une erreur.
Données associées : Des en-têtes transmis en clair (numéro de séquence, identifiant, version de protocole) entrent dans le calcul du tag sans être chiffrés. Les altérer invalide le message aussi sûrement que toucher au contenu chiffré.
Nonce et tag : Chaque chiffrement prend une clé, un nonce, le message et les données associées, et produit un texte chiffré accompagné d'un tag. Le nonce n'a pas besoin d'être secret, mais la plupart des schémas exigent qu'il ne se répète jamais sous une même clé.
Exemples : AES-GCM et ChaCha20-Poly1305 dominent ; AES-GCM-SIV et AES-SIV ajoutent la résistance à la réutilisation de nonce. Vingt ans de métier apprennent qu'un « chiffrer puis ajouter un MAC à la main » finit tôt ou tard par exploiter le clair avant d'avoir vérifié le MAC.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans chiffrement authentifié, un texte chiffré n'est protégé qu'en lecture. Un attaquant placé sur le chemin peut modifier des bits du chiffré et, avec les modes à flot ou à compteur, provoquer des changements prévisibles dans le clair déchiffré, sans connaître la clé. Les en-têtes laissés en clair peuvent être réécrits librement : numéro de séquence, destinataire, type de message. Le récepteur traite alors des données falsifiées comme légitimes. Des messages d'erreur qui diffèrent selon l'étape qui échoue ouvrent aussi la porte aux attaques par oracle, où chaque réponse renseigne l'attaquant. Une authentification assemblée à la main reproduit souvent ces défauts, par un mauvais ordre des opérations ou une comparaison de tag non constante en temps.
Explication de la marmotte
Quand on envoie un message secret, deux soucis se posent : que personne ne puisse le lire, et que personne ne puisse le trafiquer en route sans qu'on s'en aperçoive. Cette technique règle les deux en même temps. Le message est brouillé, et on y ajoute une sorte de sceau calculé avec une clé secrète. On peut aussi laisser certaines informations lisibles, comme l'adresse sur une enveloppe, tout en les protégeant par le même sceau. Si quelqu'un change une seule lettre, du message ou de l'adresse, le destinataire le voit aussitôt et jette le tout.
Où ce terme est utilisé
- Chiffrer et authentifier en une seule construction (8 occurrences)
- Établir une clé : Diffie-Hellman, KEM et HPKE (8 occurrences)
- Transformer un bloc en chiffrement de message (5 occurrences)
- Calculer, engager et anonymiser avec des primitives spécialisées (4 occurrences)
- Du chiffre manuel au chiffrement moderne (4 occurrences)
- Choisir, combiner et migrer les algorithmes symétriques (3 occurrences)
- Formats, bibliothèques et API : rendre la crypto utilisable (3 occurrences)
- Sécuriser un canal: TLS, HTTPS et mTLS (3 occurrences)
- Chiffrement par flot : état, compteurs et réutilisation interdite (2 occurrences)
- Chiffrer par blocs : de l’héritage DES à AES (2 occurrences)
