Gestion des clés
ECMQV : Elliptic Curve Menezes-Qu-Vanstone. « Protocole Menezes-Qu-Vanstone sur courbes elliptiques », par analogie avec une poignée de main où chacun serre à la fois avec sa main habituelle et avec un gant enfilé pour l'occasion. C'est un protocole d'accord de clé authentifié : chaque partie combine une clé statique et une clé éphémère, et seul le détenteur légitime de la clé statique peut calculer le secret.
Principe : Chaque partie possède une paire statique, liée à son identité, et génère une paire éphémère par session. Le secret mélange les quatre clés de telle sorte qu'un imposteur sans la clé privée statique ne peut pas le calculer.
Authentification implicite : Aucune signature n'est échangée : l'authentification tient au fait que seul le bon interlocuteur peut obtenir la même clé. Une confirmation de clé explicite reste nécessaire pour en avoir la preuve pendant l'échange.
Place dans les normes : Il figure dans plusieurs normes d'accord de clé sur courbes elliptiques. Des brevets ont longtemps freiné son adoption, et les protocoles grand public ont préféré ECDHE accompagné d'une signature.
Préalables : Le protocole suppose que chaque clé publique statique est correctement rattachée à son propriétaire, typiquement par une PKI, et que les points reçus sont validés. Sans ça, l'élégance mathématique sert surtout à décorer la slide d'architecture.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans accord de clé authentifié, deux parties qui échangent des clés éphémères nues ne savent pas avec qui elles ont négocié : un intercepteur actif peut s'interposer, établir un secret distinct avec chacune et lire ou modifier tout ce qui passe. Ce protocole ferme cette porte à condition que ses préalables soient respectés. Si les clés publiques statiques ne sont pas rattachées de façon vérifiable à leur propriétaire, un attaquant peut faire passer la sienne pour celle d'un autre. Si les points reçus ne sont pas validés, les attaques par petit sous-groupe ou par courbe invalide redeviennent possibles. Sans étape de confirmation de clé, une partie peut croire la session établie alors que l'autre n'a pas obtenu le même secret.
Explication de la marmotte
Deux personnes veulent obtenir un secret commun et, en même temps, être sûres de parler à la bonne personne. Chacune possède une carte d'identité permanente et fabrique aussi un badge jetable pour la conversation. Le calcul du secret mélange la carte et le badge des deux côtés, d'une façon telle que quelqu'un qui n'a pas la vraie carte ne tombe jamais sur le même résultat. Pas besoin de montrer sa carte : si les deux obtiennent le même secret, c'est la preuve qu'ils sont bien ceux qu'ils prétendent être. Le tout fonctionne sur une famille de courbes mathématiques qui garde les nombres courts.
