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EKE : Encrypted Key Exchange

Gestion des clés

EKE : Encrypted Key Exchange. « Échange de clés chiffré », par analogie avec deux personnes qui échangent des messages sous enveloppe en ne partageant qu'un mot de passe. C'est l'ancêtre des PAKE, proposé par Steven Bellovin et Michael Merritt : un échange Diffie-Hellman dont les valeurs publiques sont chiffrées avec le mot de passe partagé.

Idée fondatrice : Les valeurs éphémères de l'échange sont chiffrées avec une clé issue du mot de passe. Un observateur passif ne peut pas tester des mots de passe hors ligne, car chaque essai de déchiffrement produit une valeur plausible sans moyen de la vérifier.

Contre les dictionnaires : Un attaquant actif ne peut tester qu'un mot de passe par tentative de connexion. C'est tout l'apport : un mot de passe faible reste exploitable, mais seulement en ligne, là où les tentatives se comptent et se limitent.

Subtilités : La valeur chiffrée ne doit trahir aucune structure, sinon chaque échange élimine des candidats : c'est l'attaque par partition, qui a touché des variantes naïves. Des brevets ont aussi longtemps freiné son adoption.

Descendance : EKE a ouvert la famille des PAKE, dont SRP (Secure Remote Password), SPAKE2, CPace ou OPAQUE. Trente ans plus tard, les mots de passe voyagent encore souvent dans un tunnel TLS, sans plus, preuve que l'inertie est la primitive la mieux déployée du secteur.

Ce qui arrive si on s'en passe

Sans échange de clé protégé par mot de passe, l'authentification par mot de passe revient à l'envoyer au serveur, en clair ou dans un tunnel, ou à échanger une valeur qui en dépend directement. Un attaquant qui capture l'échange, ou qui obtient le contenu du tunnel, peut alors tester des dictionnaires entiers hors ligne, à sa vitesse, sans jamais contacter le serveur. Mal implémenté, le protocole n'évite pas ce piège : si la valeur chiffrée laisse deviner quels mots de passe sont impossibles, chaque échange observé réduit la liste des candidats. Sans limitation du nombre de tentatives côté serveur, les attaques en ligne restent aussi possibles contre les mots de passe faibles.

Explication de la marmotte

Deux personnes connaissent un même mot de passe et veulent s'en servir pour fabriquer une clé secrète robuste, sans jamais l'envoyer. Chacune prépare une valeur au hasard, l'enferme dans une enveloppe fermée grâce au mot de passe, puis l'envoie. Chacune ouvre l'enveloppe de l'autre et en tire la même clé. Un espion qui intercepte les enveloppes ne peut pas deviner le mot de passe tranquillement chez lui : chaque essai lui donne un contenu qui a l'air correct, sans jamais pouvoir vérifier. Pour tester une idée, il doit tenter une vraie connexion, ce qu'on peut repérer et bloquer.

Où ce terme est utilisé

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