Cryptographie
MD4 : Message Digest 4. « Condensé de message numéro 4 », par analogie avec une empreinte digitale prise au feutre baveux : deux doigts différents peuvent laisser la même tache.
Une fonction de hachage : Conçue par Ron Rivest, elle produit une empreinte de 128 bits selon la construction de Merkle-Damgård. Elle a inspiré MD5 et, de loin, la famille SHA.
Cassée depuis longtemps : On sait fabriquer des collisions en un temps négligeable sur un ordinateur ordinaire. Elle a eu cette élégance rare de devenir obsolète avant la plupart de ses utilisateurs.
Le condensé NT : Windows stocke le mot de passe sous la forme du MD4 de sa version Unicode, sans sel ni itérations. C'est ce condensé qui sert de secret à NTLM, d'où les attaques par transmission directe du condensé.
Ce qui arrive si on s'en passe
Tant que MD4 reste utilisé, deux problèmes persistent. Ses collisions triviales interdisent tout usage d'intégrité ou de signature : un document modifié peut conserver la même empreinte. Surtout, là où il sert à stocker des mots de passe, comme le condensé NT (New Technology) de Windows, l'absence de sel et de lenteur permet de tester des milliards de candidats par seconde sur une base volée, et deux comptes au même mot de passe partagent le même condensé. Ce condensé suffisant pour s'authentifier via NTLM, le voler revient à voler le mot de passe, sans même le casser. Restreindre NTLM, protéger les bases d'identifiants et préférer une dérivation lente et salée limitent l'exposition.
Explication de la marmotte
Une fonction de ce genre transforme n'importe quel texte en une courte suite de caractères, comme une empreinte digitale : le même texte donne toujours la même empreinte, et on ne peut pas remonter de l'empreinte au texte. Celle-ci est très ancienne et ne tient plus ses promesses : on sait fabriquer deux textes différents qui donnent la même empreinte. Elle survit pourtant dans certains systèmes pour enregistrer les mots de passe, ce qui les rend beaucoup plus faciles à deviner.
