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SRTP : Secure Real-time Transport Protocol

Réseau

SRTP : Secure Real-time Transport Protocol, profil de RTP (Real-time Transport Protocol) qui chiffre et authentifie les flux audio et vidéo. « La version de RTP qui réserve l'écoute des conversations aux seuls interlocuteurs, ce qui est déjà beaucoup leur demander », par analogie avec la cabine téléphonique dont on aurait enfin fermé la porte.

Norme : Défini par la RFC 3711 (2004), il chiffre la charge utile des paquets RTP, ajoute un code d'authentification et une protection contre le rejeu ; SRTCP fait de même pour RTCP (RTP Control Protocol). L'en-tête RTP reste lisible, ce qui permet au réseau de traiter la qualité de service.

Algorithmes : Par défaut, AES en mode compteur pour le chiffrement et HMAC-SHA1 tronqué à 80 ou 32 bits pour l'authentification. La RFC 7714 (2015) ajoute AES-GCM, chiffrement authentifié plus moderne.

Les clés : SRTP ne négocie pas ses clés. SDES (Session Description Protocol Security Descriptions, RFC 4568) les place dans la description de session transportée par SIP, qui doit alors être chiffré par TLS ; DTLS-SRTP (RFC 5764) les négocie par DTLS (Datagram Transport Layer Security) sur le chemin du média, méthode imposée par WebRTC ; ZRTP (RFC 6189) les échange de pair à pair.

Authentification : La RFC 3711 rend l'authentification des paquets SRTP recommandée mais non obligatoire, contrairement à celle de SRTCP. Un flux chiffré sans être authentifié peut être altéré sans être lu, ce qui suffit à saboter une conversation.

Ce qui arrive si on s'en passe

Sans SRTP, la voix circule en RTP en clair : quiconque capture le trafic sur un segment traversé, réseau d'entreprise, Wi-Fi ou lien d'opérateur, peut réécouter les conversations avec des outils gratuits qui reconstituent l'audio. Activer SRTP ne suffit pas si les clés passent en clair : avec SDES sur une signalisation SIP non chiffrée, la clé voyage à côté du coffre. SRTP n'a de sens qu'avec une signalisation en TLS ou un échange de clés DTLS-SRTP, et une politique qui refuse les appels non chiffrés plutôt que de s'y replier sans rien dire.

Explication de la marmotte

Quand on téléphone par Internet, la voix est découpée en petits paquets envoyés sur le réseau. Sans protection, quelqu'un qui intercepte ces paquets peut réécouter la conversation. SRTP chiffre ces paquets pour que seuls les participants puissent les entendre, et vérifie qu'ils n'ont pas été modifiés en route. Les clés de chiffrement doivent elles-mêmes être échangées de façon protégée, sinon le cadenas ne sert à rien.

Où ce terme est utilisé

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