Sécurité
MIC : Mandatory Integrity Control, mécanisme de contrôle d'intégrité obligatoire de Windows. « Interdire à ce qui est peu digne de confiance d'écrire sur ce qui l'est davantage, quels que soient les droits ordinaires », par analogie avec le stagiaire qui a les clés du bureau mais pas le droit de modifier le registre du personnel, ce qui ne l'empêche pas de le lire.
Principe : Introduit avec Windows Vista, il attribue à chaque processus et à chaque objet un niveau d'intégrité (non fiable, bas, moyen, élevé, système). Par défaut, un processus ne peut pas modifier un objet de niveau supérieur au sien, même si les ACL ordinaires le lui permettent. C'est une application pratique du modèle de Biba, centré sur l'intégrité plutôt que sur la confidentialité.
Usages : Les navigateurs et lecteurs de documents isolés font tourner leur contenu à faible intégrité, et une session d'administrateur non élevée reste au niveau moyen. L'isolation des messages entre fenêtres (UIPI, User Interface Privilege Isolation) s'appuie sur ces niveaux pour empêcher un processus bas de piloter une fenêtre plus privilégiée.
Limite : La politique par défaut interdit l'écriture vers le haut, pas la lecture : un processus à faible intégrité peut souvent lire ce qu'il ne peut pas modifier. Ce n'est pas une frontière de confidentialité, et Windows ne prétend pas le contraire, pour une fois.
Homonyme : En cryptographie et dans le Wi-Fi, MIC signifie Message Integrity Code, c'est-à-dire un code d'authentification de message, ainsi nommé dans les normes IEEE 802.11 parce que le sigle MAC y désigne déjà le Media Access Control.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans contrôle d'intégrité obligatoire, un processus compromis dans un navigateur ou un lecteur de documents hérite de tous les droits d'écriture de l'utilisateur : il modifie ses fichiers, injecte du code dans d'autres programmes ou s'installe au démarrage. Abaisser à tort le niveau d'un processus sensible, ou exécuter un contenu non fiable au niveau moyen, produit le même effet. La compromission d'un onglet devient alors celle de la session entière, ce qui fait beaucoup pour un onglet.
Explication de la marmotte
Windows donne à chaque programme un niveau de confiance : bas, moyen, élevé ou système. Un programme de niveau bas, comme la partie d'un navigateur qui affiche des pages Internet, n'a pas le droit de modifier les fichiers ou programmes de niveau plus élevé. Ainsi, si une page piégée prend le contrôle de cette partie du navigateur, elle reste coincée dans un espace où elle ne peut presque rien abîmer.
Où ce terme est utilisé
- Modèles Bell-LaPadula, Biba et Clark-Wilson (2 occurrences)
- EDR : fonctionnement, angles morts et contournements (1 occurrence)
