Aller au contenu

Un certificat est une promesse signée : telle clé appartient à tel nom, jusqu’à telle date, sauf révocation. Tout le reste de la PKI sert à rendre cette promesse vérifiable, et TLS à s’en servir pour ouvrir un canal chiffré avec le bon interlocuteur. Vingt ans de PKI apprennent pourtant que la cryptographie casse rarement : ce qui casse, c’est le certificat expiré dont personne n’avait noté la date, la révocation que les clients ne consultent pas, l’autorité interne dont la clé dort sur un disque partagé.

→ Lire l’explication complète de la marmotte

L’ordre de lecture proposé part des mécanismes (ce qu’est une chaîne de confiance, ce que TLS garantit et ne garantit pas), passe par la construction et l’exploitation d’une PKI, s’arrête sur la révocation, qui mérite sa propre partie tant elle fonctionne mal, et finit par TLS en production : diagnostic, migration, choix d’algorithmes et cas des clients contraints.

Une organisation qui néglige ce domaine laisse expirer des certificats sans le savoir, et découvre la panne quand un service refuse soudain toute connexion. Plus grave, un canal dont l’identité du serveur n’est pas vérifiée reste chiffré tout en parlant peut-être à un imposteur : le chiffrement protège alors fidèlement la conversation avec l’attaquant. Sans autorité de certification maîtrisée, personne ne sait qui peut émettre un certificat au nom de l’organisation, ni comment retirer celui dont la clé a fuité. La ruche finit par ouvrir sa porte à quiconque arbore un badge bien imprimé.

Ce dossier traite de deux mécanismes liés. Le premier est l’infrastructure à clés publiques. Chaque serveur ou service possède une paire de clés : une clé privée qu’il garde, et une clé publique qu’il montre. Pour prouver que cette clé publique lui appartient vraiment, une autorité de certification signe un document appelé certificat, qui associe la clé à un nom. Les appareils font confiance à une courte liste d’autorités, et vérifient la chaîne de signatures qui remonte jusqu’à l’une d’elles. Le second mécanisme est le protocole de transport sécurisé, appelé TLS. Au début d’une connexion, le serveur présente son certificat ; le client vérifie la signature, le nom et la date de validité, puis les deux parties fabriquent ensemble des clés temporaires qui chiffrent et protègent la suite de l’échange. Si le certificat est expiré, mal signé ou ne correspond pas au nom demandé, la connexion doit être refusée. Dans l’authentification mutuelle, appelée mTLS, le client présente lui aussi un certificat, que le serveur vérifie de la même façon : les deux côtés prouvent leur identité. Le dossier commence par ces mécanismes, explique ensuite comment construire et faire vivre une autorité de certification, puis comment retirer un certificat avant son terme, ce qu’on appelle la révocation et qui fonctionne beaucoup moins bien qu’on ne le croit. Il finit par les difficultés de TLS en production : erreurs de validation, anciens clients à ménager, choix des algorithmes, appareils qui ne se mettent jamais à jour.