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MLAG : Multi-Chassis Link Aggregation

Réseau

MLAG : Multi-Chassis Link Aggregation, agrégation de liens répartie sur deux commutateurs physiques qui se présentent comme un seul aux équipements raccordés. « L'agrégation de liens sur plusieurs châssis », par analogie avec deux guichetiers qui se font passer pour une seule personne afin que le client ne remarque rien quand l'un d'eux s'absente.

Principe : Un serveur ou un commutateur voisin relie deux liens à deux commutateurs différents et les agrège par LACP (Link Aggregation Control Protocol) comme s'il n'avait qu'un seul partenaire. Les deux commutateurs annoncent pour cela le même identifiant système et synchronisent leurs tables d'adresses par un lien dédié entre eux.

Intérêt : Les deux liens transportent du trafic en même temps, sans qu'un protocole d'arbre couvrant en bloque un, et la perte d'un commutateur entier ne coupe pas l'équipement raccordé. Deux cartes reliées au même commutateur protègent d'un câble arraché, pas d'une panne du commutateur.

Propriétaire : Chaque constructeur a sa variante : vPC (virtual Port Channel) chez Cisco, MLAG chez Arista, MC-LAG chez Juniper, entre autres. Les deux commutateurs d'une paire viennent donc du même constructeur ; l'IEEE a bien défini un mécanisme commun, DRNI (Distributed Resilient Network Interconnect, IEEE 802.1AX-2014), resté peu suivi.

Cerveau divisé : Si le lien entre les deux commutateurs tombe alors que chacun reste en vie, tous deux peuvent se croire seuls aux commandes et continuer à transmettre, avec boucles et doublons à la clé. Un second canal de surveillance, souvent par le réseau d'administration, sert à les départager.

Ce qui arrive si on s'en passe

Sans MLAG, un serveur doublement raccordé n'a que deux choix : relier ses deux cartes au même commutateur, qui reste un point unique de défaillance, ou les relier à deux commutateurs en mode actif et passif, en laissant dormir la moitié de la bande passante. Les réseaux qui veulent malgré tout deux chemins actifs comptent sur l'arbre couvrant pour bloquer les boucles, et découvrent lors de la reconvergence ce que représente une seconde pour une base de données. Un MLAG mal configuré n'est pas plus reposant : sans canal de surveillance distinct du lien entre pairs, la coupure de ce lien produit un cerveau divisé qui fait plus de dégâts que la panne qu'il devait couvrir.

Explication de la marmotte

Pour qu'un serveur important ne soit jamais coupé du réseau, on le relie par deux câbles à deux boîtiers de raccordement différents. Normalement, ces deux câbles ne peuvent pas travailler ensemble, sinon les messages tournent en rond. Avec MLAG, les deux boîtiers se mettent d'accord pour faire semblant de n'en être qu'un seul : le serveur utilise ses deux câbles en même temps, et si un boîtier tombe en panne, l'autre continue seul sans interruption.

Où ce terme est utilisé

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