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VRRP : Virtual Router Redundancy Protocol

Réseau

VRRP : Virtual Router Redundancy Protocol, protocole qui fait partager une adresse IP de passerelle à plusieurs routeurs, normalisé dans sa version 3 par la RFC 5798 (2010). « Le protocole de redondance du routeur virtuel », par analogie avec le standard téléphonique dont le numéro ne change pas quand la standardiste de garde part en pause.

Principe : Plusieurs routeurs forment un groupe identifié par un numéro (VRID, Virtual Router Identifier) et partagent une adresse IP virtuelle ainsi qu'une adresse MAC (Media Access Control) virtuelle de la forme 00-00-5E-00-01-XX en IPv4. Le routeur de plus haute priorité devient maître et répond pour l'adresse ; les autres attendent.

Annonces : Le maître émet des annonces périodiques, par défaut chaque seconde, en multidiffusion vers 224.0.0.18 en IPv4 (protocole IP 112). Si elles cessent pendant environ trois intervalles, un routeur de secours prend le relais et émet un ARP (Address Resolution Protocol) gratuit pour que les commutateurs apprennent le nouveau chemin.

Versions : La version 2 (RFC 3768) ne traitait que l'IPv4 ; la version 3 couvre IPv4 et IPv6 et ne prévoit aucune authentification des annonces. Sous Linux, keepalived en fournit une implémentation courante ; HSRP (Hot Standby Router Protocol) chez Cisco et CARP (Common Address Redundancy Protocol) chez OpenBSD rendent le même service.

Ce qu'il ne fait pas : VRRP assure la continuité de la passerelle, pas celle de l'état : les sessions suivies par un pare-feu ou les traductions d'un NAT (Network Address Translation) sont perdues à la bascule si rien ne les synchronise par ailleurs.

Ce qui arrive si on s'en passe

Sans redondance de passerelle, chaque poste d'un réseau pointe vers un routeur unique : son redémarrage pour une mise à jour, une alimentation qui lâche ou un câble arraché coupent tout le segment de l'extérieur jusqu'à intervention humaine. On repousse alors les mises à jour pour éviter la coupure, et l'équipement le plus exposé devient le moins entretenu. Avec un VRRP mal protégé, le risque change de nature : les annonces n'étant pas authentifiées, une machine du segment qui s'annonce avec la priorité maximale devient la passerelle de tout le monde. Filtrer le protocole 112 sur les ports d'accès et cantonner VRRP aux interfaces des routeurs referme cette porte.

Explication de la marmotte

Les ordinateurs d'un réseau envoient tout ce qui va vers Internet à une même adresse, celle de la passerelle. Si ce boîtier tombe en panne, plus rien ne sort. Avec VRRP, deux boîtiers ou plus se partagent cette adresse : l'un travaille, les autres surveillent. Si le premier se tait, un autre reprend l'adresse en quelques secondes, sans que les ordinateurs aient besoin de changer quoi que ce soit.

Où ce terme est utilisé

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