Réseau
NTS : Network Time Security. « Sécurité du temps réseau », par analogie avec l'horloge parlante dont on vérifierait la voix avant de remettre sa montre à l'heure.
Le problème : Le NTP classique voyage sur UDP sans aucune authentification : quiconque se tient sur le chemin peut répondre à la place du serveur. L'heure, cette chose que l'humanité a mis des siècles à mesurer, se falsifie en un paquet.
Le mécanisme : Une phase d'établissement de clés passe par une poignée de main TLS, puis les paquets NTP portent des extensions protégées par un AEAD. Des cookies chiffrés confiés au client permettent au serveur de rester sans état.
Ce que ça garantit : NTS authentifie la source et l'intégrité des réponses. Il ne garantit pas qu'un serveur authentique dise vrai : on sait enfin qui ment, ce qui est déjà un progrès sur la plupart des conversations.
Déploiement : La prise en charge varie selon les clients et les serveurs publics ; il faut la vérifier pour chaque démon avant de compter dessus.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans NTS, une réponse de temps n'est qu'une affirmation anonyme, et la machine la croit sur parole. Un attaquant placé sur le chemin réseau peut alors avancer ou reculer l'horloge d'une victime à sa convenance. Reculer l'horloge ressuscite des certificats expirés ou révoqués, rouvre la fenêtre de validité de jetons périmés et de codes TOTP déjà consommés ; l'avancer fait expirer prématurément ce qui devait rester valide et provoque des refus d'authentification en cascade. Les journaux, eux, deviennent incohérents entre machines, ce qui rend toute corrélation d'incident hasardeuse. On perd enfin la capacité de prouver l'ordre des événements, précieuse le jour où il faut expliquer qui a fait quoi, et surtout quand.
Explication de la marmotte
Beaucoup d'ordinateurs règlent leur horloge en demandant l'heure à un autre ordinateur sur Internet. Problème : la réponse arrive comme une carte postale, que n'importe qui sur le trajet peut remplacer. Ce mécanisme ajoute une sorte de sceau sur chaque réponse. Avant de régler sa montre, l'ordinateur vérifie que le sceau vient bien du bon serveur et que personne n'a touché au message. Si le sceau est faux, la réponse part à la poubelle. C'est important parce que beaucoup de protections, comme la date limite d'un badge ou d'un mot de passe à usage unique, supposent que l'horloge dit vrai.
Où ce terme est utilisé
- L'heure comme dépendance de sécurité (21 occurrences)
- Sécuriser NTP contre le spoofing et la dérive d’horloge (11 occurrences)
- Brouillage et leurrage GNSS, détection, OSNMA et repli du temps (3 occurrences)
