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GPAI : General-Purpose AI, modèle d'IA à usage général (AI Act)

IA

GPAI : General-Purpose AI, modèle d'intelligence artificielle à usage général au sens du règlement européen sur l'IA (AI Act). « Le modèle que son fournisseur vend sans savoir à quoi il servira, et que le règlement oblige donc à décrire avant qu'on le découvre », par analogie avec le couteau suisse, dont le fabricant ne répond pas de chaque tartine mais doit tout de même dire de quel côté coupe la lame.

Définition légale : Modèle entraîné sur un grand volume de données, capable d'exécuter de façon compétente un large éventail de tâches distinctes et pouvant être intégré dans de nombreux systèmes en aval. Les grands LLM en sont l'exemple type. Le modèle n'est pas le système d'IA qui l'utilise : son fournisseur et l'entreprise qui le déploie dans une application ont des obligations distinctes.

Obligations : Le fournisseur tient une documentation technique, informe les intégrateurs en aval, applique une politique de respect du droit d'auteur et publie un résumé du contenu d'entraînement. Un code de bonnes pratiques publié en juillet 2025 aide à démontrer la conformité. Les modèles diffusés sous licence libre et ouverte en sont partiellement dispensés, sauf s'ils présentent un risque systémique.

Risque systémique : Présumé lorsque l'entraînement a demandé plus de 10²⁵ opérations en virgule flottante, ou désigné par la Commission. S'ajoutent alors l'évaluation du modèle et les tests adverses, l'atténuation des risques, le signalement des incidents graves au Bureau de l'IA et une protection de cybersécurité adéquate, le modèle étant une cible aussi précieuse que bavarde.

Calendrier : Obligations applicables depuis le 2 août 2025 ; la Commission peut les faire respecter, amendes comprises, depuis le 2 août 2026 ; les modèles mis sur le marché avant le 2 août 2025 ont jusqu'au 2 août 2027. Le règlement « omnibus numérique », entré en vigueur le 27 juillet 2026, a reporté les obligations des systèmes à haut risque, pas celles des modèles à usage général.

Ce qui arrive si on s'en passe

Une entreprise qui intègre un modèle par API sans distinguer le modèle à usage général du système qu'elle construit avec ne sait plus qui doit quoi. Elle attend du fournisseur des garanties qui relèvent de son propre système, ou endosse sans le savoir le rôle de fournisseur en modifiant substantiellement le modèle. Elle ne réclame pas la documentation destinée aux intégrateurs, ignore donc les limites connues du modèle, et découvre ses obligations le jour où un client, un auditeur ou une autorité les lui récite. Le règlement a distribué les rôles ; il n'a pas prévu qu'on refuse de lire la distribution.

Explication de la marmotte

Un modèle d'IA à usage général, comme ceux qui font fonctionner les assistants conversationnels, sait faire beaucoup de choses différentes : écrire, résumer, traduire, programmer. Son fabricant ne sait pas à l'avance comment les autres entreprises vont l'utiliser. La loi européenne sur l'IA l'oblige donc à expliquer comment le modèle a été construit et ce qu'il sait ou ne sait pas faire. Les modèles les plus puissants doivent en plus être testés contre les abus et bien protégés contre le piratage.

Où ce terme est utilisé

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