Aller au contenu

L'IA actuelle : assistants conversationnels et agents

L’IA actuelle : assistants conversationnels et agents

Section intitulée « L’IA actuelle : assistants conversationnels et agents »

L’intelligence artificielle (IA) générative grand public tient en deux gestes. Le premier consiste à poser une question et à recevoir une réponse rédigée : c’est l’assistant conversationnel. Le second consiste à confier une tâche et à laisser le logiciel l’exécuter, en cliquant, en écrivant du code ou en envoyant des courriels : c’est l’agent. En octobre 2026, la frontière entre les deux s’efface dans les produits, puisque la plupart des éditeurs ont fusionné leur fenêtre de discussion et leur mode d’action dans une même application. Elle reste pourtant décisive pour la sécurité : un assistant qui se trompe écrit une bêtise, un agent qui se trompe la commet. Cette page fait l’inventaire de ce qui existe, de ce que cela sait faire et de ce qu’il faut surveiller.

→ Lire l’explication complète de la marmotte

Les assistants conversationnels : un modèle de langage derrière une fenêtre

Section intitulée « Les assistants conversationnels : un modèle de langage derrière une fenêtre »

Un assistant conversationnel associe deux éléments. Le premier est un grand modèle de langage (LLM, Large Language Model), entraîné sur d’immenses volumes de texte à prédire la suite la plus plausible d’une séquence. Le second est une interface de discussion qui conserve l’historique de l’échange, ajoute des instructions système invisibles de l’utilisateur et branche le modèle sur des fonctions annexes : recherche web, lecture de fichiers, génération d’images. Ce que l’utilisateur appelle « l’IA » est donc un produit composite, dont le modèle n’est qu’une pièce.

  • OpenAI édite ChatGPT, l’assistant qui a popularisé le genre fin 2022. Son navigateur ChatGPT Atlas, lancé en octobre 2025, a été arrêté en août 2026 selon la presse spécialisée, ses fonctions de navigation autonome étant regroupées dans l’application de bureau qui réunit ChatGPT et l’agent de code Codex.
  • Anthropic édite Claude. Le 16 septembre 2026, l’éditeur a fusionné dans une même interface la discussion classique et Cowork, son mode de travail agentique, d’abord pour les abonnements payants.
  • Google propose Gemini, intégré à la recherche, à Android et à la suite Workspace.
  • Microsoft décline Copilot en version grand public (application, navigateur Edge, Windows) et en version professionnelle, Microsoft 365 Copilot, adossée aux documents et courriels de l’entreprise. Microsoft 365 Copilot s’appuie sur des modèles d’OpenAI et, depuis 2025, propose aussi des modèles d’Anthropic dans certains de ses agents.
  • Mistral AI, éditeur français, a renommé son assistant Le Chat en Vibe le 28 mai 2026, en le présentant comme un agent unique pour le travail de bureau et le code.
  • Meta intègre Meta AI dans WhatsApp, Instagram, Facebook et Messenger. Depuis avril 2026, l’assistant repose sur Muse Spark, un modèle fermé, ce qui marque un virage pour une entreprise qui avait bâti sa réputation sur les modèles ouverts Llama.
  • DeepSeek, entreprise chinoise, diffuse à la fois un assistant en ligne et des modèles à poids ouverts, réputés pour leur prix très bas.
  • Grok, développé par xAI, est intégré au réseau social X. Selon la presse, xAI a été rapprochée de SpaceX en 2026. Début 2026, plusieurs pays d’Asie du Sud-Est l’ont temporairement bloqué après des hypertrucages sexuels non consentis.

À côté de ces services hébergés existent les modèles à poids ouverts : le fichier du modèle est téléchargeable et s’exécute sur ses propres machines. Les familles Qwen (Alibaba), Gemma (Google), DeepSeek, Mistral et gpt-oss (OpenAI, sous licence Apache 2.0) sont couramment utilisées en local avec des outils comme Ollama ou LM Studio. Ils restent en général en retrait des meilleurs modèles hébergés, mais aucune donnée ne quitte le poste.

AssistantÉditeurType de modèlePoints fortsHébergement des données (grand public)
ChatGPTOpenAI (États-Unis)PropriétairePolyvalence, écosystème d’applications, agent de code CodexSelon l’offre : lire les conditions
ClaudeAnthropic (États-Unis)PropriétaireRédaction, analyse de longs documents, code, CoworkSelon l’offre : lire les conditions
GeminiGoogle (États-Unis)PropriétaireIntégration à Workspace, Android et ChromeSelon l’offre : lire les conditions
Copilot / Microsoft 365 CopilotMicrosoft (États-Unis)Propriétaire (modèles OpenAI, Anthropic, Microsoft)Accès aux documents et courriels de l’entrepriseSelon le contrat Microsoft 365 du client
Vibe (ex-Le Chat)Mistral AI (France)Propriétaire et ouvert selon les modèlesModes Work et Code, connecteursUnion européenne par défaut selon l’éditeur
Meta AIMeta (États-Unis)Propriétaire depuis Muse SparkPrésence dans les messageriesSelon l’offre : lire les conditions
DeepSeekDeepSeek (Chine)Ouvert pour les modèles, service en ligne propriétaireCoût très faibleServeurs en Chine selon sa politique de confidentialité
GrokxAI (États-Unis)PropriétaireAccès aux contenus de X en temps réelSelon l’offre : lire les conditions
Modèles locauxDiversPoids ouvertsConfidentialité, maîtrise complèteSur la machine de l’utilisateur

Les assistants actuels rédigent, résument, traduisent, programment et expliquent. Ils lisent des documents déposés (PDF, tableurs, images), génèrent des images, conversent à la voix en temps réel, consultent le web et produisent des rapports de recherche documentés en plusieurs minutes. La plupart proposent une mémoire qui conserve des informations d’une conversation à l’autre, avec les questions de confidentialité que cela pose et que détaille la page sur la mémoire persistante des assistants.

  • Dire « je ne sais pas » de façon fiable. Le modèle produit du plausible, pas du vérifié. Une hallucination est une réponse fausse énoncée avec l’aplomb d’une vraie : référence juridique inventée, fonction de bibliothèque inexistante, nom de paquet imaginaire que des attaquants s’empressent d’enregistrer.
  • Connaître l’actualité sans aide. Chaque modèle a une date de coupure au-delà de laquelle il ignore tout. La recherche web compense partiellement, en important au passage le contenu de pages que personne n’a relues.
  • Garder un secret qu’on lui confie. Tout ce qui est saisi part chez l’éditeur, sauf modèle local. Selon l’offre, ces données peuvent être conservées, relues ou utilisées pour l’entraînement. Les offres professionnelles excluent en général l’entraînement, les offres gratuites beaucoup moins.

Les agents : quand l’assistant passe à l’acte

Section intitulée « Les agents : quand l’assistant passe à l’acte »

L’agentique désigne la capacité d’un modèle à enchaîner des actions en boucle : observer, décider, agir avec un outil, constater le résultat, recommencer jusqu’à la fin de la tâche. La définition détaillée et les lectures qu’en font OpenAI et Anthropic sont exposées dans la page consacrée à l’agentique.

  • Le navigateur : l’agent ouvre des pages, clique, remplit des formulaires, souvent avec les sessions déjà ouvertes de l’utilisateur.
  • L’ordinateur : certains agents pilotent directement le bureau à partir de captures d’écran, souris et clavier compris.
  • Le code et le terminal : l’agent lit un dépôt, modifie des fichiers, lance des commandes et des tests.
  • Les connecteurs : messagerie, agenda, stockage de fichiers, gestionnaires de tickets. Le MCP (Model Context Protocol), protocole ouvert publié par Anthropic fin 2024 puis confié en décembre 2025 à l’Agentic AI Foundation, structure placée sous l’égide de la Linux Foundation, est devenu la manière standard de brancher un outil sur un assistant. Claude, ChatGPT, Gemini, Copilot et Vibe le prennent en charge.

Agents de code. Claude Code (Anthropic), Codex (OpenAI) et GitHub Copilot en mode agent travaillent dans un terminal, un éditeur ou un environnement isolé, et vont jusqu’à proposer une demande de fusion. Leur installation et leur usage sont décrits dans les guides consacrés à Claude Code, à Codex et à GitHub Copilot en mode agent. Vibe propose un mode Code comparable.

Agents de navigation. L’agent de ChatGPT navigue pour le compte de l’utilisateur. Claude dispose d’une extension Chrome, transformée en août 2026 en session Cowork complète, puis d’un navigateur intégré à son application de bureau. Google a fermé en mai 2026 son prototype Project Mariner et en a reversé la technologie dans Gemini et dans Chrome. Microsoft propose dans Edge une navigation assistée, réservée à certains abonnements américains.

Agents personnels et d’entreprise. Google a annoncé en mai 2026 Gemini Spark, un agent qui travaille en continu sur Gmail, Docs ou Sheets, ouvert en version bêta aux abonnés américains de l’offre la plus chère. Microsoft déploie dans Microsoft 365 Copilot des agents comme Researcher et un outil de création d’agents, Copilot Studio. Le mode Work de Vibe exécute des tâches planifiées sur la messagerie, SharePoint ou Slack.

Une tâche de plusieurs heures (trier une boîte de réception, migrer une base de code, compiler une veille) se délègue en quelques phrases. Le coût se déplace : on ne relit plus une réponse, on vérifie un travail. Et l’erreur change de nature : un assistant qui hallucine un nom de fichier fait sourire, un agent qui supprime le mauvais dossier fait moins rire, surtout le lundi.

  • Les données envoyées. Chaque fichier déposé et chaque question posée quittent le périmètre de l’organisation. Les conditions varient selon l’offre (gratuite, payante individuelle, entreprise, interface de programmation ou API, Application Programming Interface) et selon la juridiction de l’éditeur. Le cas des identifiants collés par inadvertance est traité dans les secrets dans les prompts.
  • L’IA fantôme. Le shadow AI désigne l’usage d’assistants publics hors de tout contrat, avec des comptes personnels. Il est la règle plutôt que l’exception tant qu’aucune alternative n’est fournie, comme l’explique la page sur le shadow AI.
  • L’injection de prompt. Un agent qui lit une page web, un courriel ou un document lit aussi les instructions qu’un attaquant y a cachées, et peut les exécuter. Aucun éditeur ne prétend en octobre 2026 avoir résolu ce problème, qui tient à la nature même du modèle : il ne distingue pas structurellement les données des ordres. Un de ses débouchés classiques est décrit dans l’exfiltration par rendu Markdown.
  • Les droits des agents. Un agent hérite des sessions et des jetons qu’on lui confie. Un agent de navigation connecté à la messagerie professionnelle a, par construction, les droits de son utilisateur sur cette messagerie. Le principe du moindre privilège et la confirmation humaine des actions irréversibles sont détaillés dans la sécurité des agents autonomes outillés et, pour les assistants internes, dans le contrôle d’accès d’un assistant IA interne.
  • La journalisation. Sans trace des actions de l’agent (outils appelés, paramètres, résultats), aucune enquête n’est possible après un incident. Les offres professionnelles fournissent des journaux d’audit plus ou moins complets ; les offres grand public, rarement.
  1. Partir des usages, pas des produits. Recenser ce que les équipes font déjà avec l’IA, y compris en cachette, avant de choisir un outil.
  2. Classer les données. Définir ce qui peut aller vers un service hébergé, ce qui exige une offre entreprise avec engagement contractuel, et ce qui ne doit sortir que vers un modèle local.
  3. Lire les conditions de l’offre réellement souscrite. Rétention, entraînement, localisation, sous-traitants : ces paramètres diffèrent entre la version gratuite et la version entreprise d’un même assistant, et changent au fil des mises à jour.
  4. Fournir une alternative officielle. Interdire sans proposer revient à organiser le shadow AI.
  5. Restreindre les agents. Comptes dédiés, connecteurs MCP validés, environnements isolés pour le code, confirmation humaine pour les paiements, suppressions et envois externes.
  6. Journaliser et revoir. Conserver les traces d’actions, désigner un responsable par agent, réévaluer les droits à chaque nouvelle fonction annoncée par l’éditeur, c’est-à-dire souvent.
  7. Garder la réversibilité. Les écarts entre éditeurs évoluent de mois en mois ; un choix réversible vaut mieux qu’un choix parfait. La question de fond, celle de systèmes toujours plus généraux, est abordée dans la page sur l’AGI.

Une organisation qui ne choisit rien et n’encadre rien n’échappe pas à l’IA : elle la subit. Les collaborateurs utilisent des comptes personnels sur des services gratuits, y déposent contrats, données clients et extraits de code, et personne ne sait ce qui est parti ni où. Le jour où un agent branché sur une messagerie professionnelle obéit à une instruction cachée dans un courriel entrant, il n’existe ni journal pour reconstituer les faits ni liste des droits accordés. Celle qui interdit tout en bloc obtient le même résultat, avec en prime la certitude d’être protégée.

Les assistants d’IA comme ChatGPT, Claude ou Gemini sont des programmes avec lesquels on discute. Derrière la fenêtre se trouve un modèle de langage, un programme qui a lu une énorme quantité de textes et qui a appris à deviner la suite la plus probable d’une phrase. C’est pour cela qu’il écrit bien, mais aussi qu’il peut inventer avec assurance une information fausse : il cherche ce qui sonne juste, pas ce qui est vrai. Et tout ce qu’on lui écrit est envoyé sur les serveurs de l’entreprise qui le fabrique.

Depuis peu, ces assistants deviennent des agents : au lieu de seulement répondre, ils agissent. On peut leur demander de remplir un formulaire sur un site, de trier des courriels ou de corriger un programme, et ils le font eux-mêmes en utilisant un navigateur ou des fichiers. C’est pratique, mais un agent qui se trompe ne fait pas qu’écrire une erreur, il la commet.

Pour la sécurité, il faut donc faire attention à trois choses : ne pas donner d’informations secrètes à un assistant public, ne donner à un agent que les accès dont il a vraiment besoin, et garder une trace de ce qu’il a fait. Un agent peut aussi être trompé par un texte piégé caché dans une page web, un peu comme quelqu’un qui obéirait à un mot glissé dans son courrier.

À lire aussi

Pages voisines

: les deux pages se citent l’une l’autre.