Géographie d'internet, câbles sous-marins et points d'atterrissement
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Géographie d’internet, câbles sous-marins et points d’atterrissement
Section intitulée « Géographie d’internet, câbles sous-marins et points d’atterrissement »Le trafic intercontinental ne flotte pas dans un nuage : il passe, pour sa quasi-totalité, dans quelques centaines de câbles posés au fond des océans, qui sortent de l’eau sur un nombre étonnamment réduit de plages. Cette page décrit la chaîne physique, les endroits où elle se resserre, ce qui la casse, et ce que cela impose à une conception. Position défendue d’entrée : la redondance se compte en routes physiques distinctes, pas en contrats signés.
Les continents ressemblent à des îles reliées par quelques ponts très longs, posés au fond de l’eau. Presque tout ce qui s’échange entre deux pays lointains emprunte ces ponts. Savoir où ils se trouvent, et combien il y en a, permet de deviner ce qui arrive le jour où l’un d’eux s’effondre : embouteillage, grand détour, ou silence.
→ Lire l’explication complète de la marmotte
Anatomie d’un système de câble sous-marin, de la plage au centre de données
Section intitulée « Anatomie d’un système de câble sous-marin, de la plage au centre de données »Un « système » sous-marin comprend une partie immergée (câble, répéteurs, unités de branchement) et des stations à terre. La physique de la fibre elle-même est traitée dans Médias, câbles et fibres ; ici, seule compte l’architecture.
Le câble. En grands fonds, il a le diamètre d’un tuyau d’arrosage (environ deux centimètres) : des fibres au centre, des fils d’acier pour la traction, un conducteur métallique pour l’alimentation, une gaine en polyéthylène. Près des côtes, il est armé et ensouillé (enterré dans le sédiment) quand le fond le permet, parce que c’est là que se trouvent les ancres et les chaluts.
Les paires de fibres. Une fibre par sens. La paire est l’unité de propriété et de vente. Un système en porte d’une poignée à quelques dizaines ; les transocéaniques récents affichent une capacité de conception de plusieurs centaines de térabits par seconde.
Les répéteurs. Ce sont des amplificateurs optiques EDFA (Erbium-Doped Fiber Amplifier), placés tous les 50 à 100 km et conçus pour tenir vingt-cinq ans sans intervention. Ils sont alimentés depuis la côte par un PFE (Power Feeding Equipment), qui injecte un courant continu de l’ordre de l’ampère sous plusieurs kilovolts, avec retour par la mer. Conséquence directe : toutes les paires d’un câble partagent la même gaine et la même alimentation. Deux opérateurs sur deux paires du même câble ne sont pas redondants, ils sont colocataires.
Les unités de branchement. Une BU (Branching Unit) est une dérivation en Y posée sur le fond, qui envoie certaines paires vers un atterrissement intermédiaire. Elle peut reconfigurer l’alimentation pour qu’une branche coupée n’éteigne pas le tronc. Un pays desservi par une branche dépend donc à la fois de sa branche et du tronc.
La station d’atterrissement. Le câble sort par une chambre de plage, puis rejoint la CLS (Cable Landing Station), qui héberge le PFE et, historiquement, le SLTE (Submarine Line Terminal Equipment), c’est-à-dire les équipements optiques terminaux. La tendance actuelle déporte ces terminaux dans un centre de données en ville et laisse chaque acheteur de capacité apporter les siens.
Le backhaul terrestre. C’est la liaison de raccordement entre la station, les centres de données et les IXP (Internet Exchange Point, point d’échange entre réseaux). Elle relève de la fibre terrestre classique, décrite dans Accès terrestres, fibre, cuivre et réseaux câblés. C’est souvent le maillon le moins diversifié de toute la chaîne. Trois câbles qui traversent un océan par trois routes différentes pour finir dans la même tranchée le long de la même route départementale : le grand classique.
Le schéma suit la chaîne de bout en bout. À y lire : chaque flèche est un endroit où la panne est possible, et les deux extrémités terrestres sont partagées par tout ce qui atterrit au même endroit.
Routes sous-marines et points de concentration géographiques
Section intitulée « Routes sous-marines et points de concentration géographiques »Les recensements publics du milieu des années 2020 comptent de l’ordre de cinq à six cents systèmes en service ou annoncés, pour bien plus d’un million de kilomètres cumulés. Le chiffre impressionne, la carte beaucoup moins : les tracés suivent la demande entre grands marchés, la forme des fonds et les autorisations politiques. Ils finissent donc par se ressembler.
Les concentrations sont de quatre types.
- Les détroits : Bab el-Mandeb à l’entrée de la mer Rouge, Malacca, Luçon. Ils sont étroits, souvent peu profonds et très fréquentés.
- Les traversées terrestres obligées : les câbles Europe-Asie par la mer Rouge traversent l’Égypte à terre, entre Méditerranée et mer Rouge. Un pays, quelques routes.
- Les villes d’atterrissement : Marseille côté Méditerranée, la Cornouailles britannique et la côte est des États-Unis pour l’Atlantique nord, Singapour, Hong Kong, Mumbai, Djibouti, Fortaleza. Un câble atterrit là où existent déjà des stations, des centres de données et des points d’échange, ce qui en attire d’autres.
- Les plages elles-mêmes : quelques kilomètres de côte, parfois une seule station pour plusieurs systèmes.
Une grande part de la capacité Europe-Asie passe par le couloir Égypte et mer Rouge. Les alternatives existent (routes terrestres à travers l’Asie continentale, tour de l’Afrique, passage par l’Amérique et le Pacifique), avec moins de capacité ou nettement plus de latence.
Ce schéma est une carte logique, pas géographique. À y lire : les corridors entre grandes régions et les goulets marqués entre crochets.
Propriété et exploitation des câbles : consortiums et câbles privés
Section intitulée « Propriété et exploitation des câbles : consortiums et câbles privés »Le modèle historique est le consortium : des opérateurs télécoms cofinancent un système et se répartissent les paires ou la capacité. La gouvernance est collective, donc lente.
Depuis le milieu des années 2010, les grands acteurs du contenu et du cloud financent leurs propres câbles, seuls ou en chefs de file. D’après les analyses publiques récentes, ils consomment désormais la majorité de la capacité internationale utilisée.
Entre le propriétaire et le client final, la capacité se revend en cascade :
- un IRU (Indefeasible Right of Use, droit d’usage de longue durée) sur une paire ou une portion de spectre ;
- des longueurs d’onde louées ;
- du transit IP.
Trois conséquences pour une conception :
- le logo du transitaire ne dit rien du câble emprunté ;
- deux opérateurs « distincts » achètent couramment sur le même système, parfois sur la même paire ;
- le réseau mondial privé d’une plaquette cloud est, sous l’eau, un locataire parmi d’autres dans le même tube de polyéthylène.
Côté fabrication, le marché tient en une poignée de noms : Alcatel Submarine Networks, SubCom, NEC, HMN Tech. La concentration ne s’arrête pas aux détroits.
Pannes et coupures de câbles : causes, navires câbliers, délais de réparation
Section intitulée « Pannes et coupures de câbles : causes, navires câbliers, délais de réparation »L’ICPC (International Cable Protection Committee) fait état de l’ordre de cent cinquante à deux cents défauts par an dans le monde. La grande majorité vient de la pêche et des ancres, en eaux peu profondes. Viennent ensuite les causes naturelles :
- les séismes et les glissements sous-marins, qui coupent plusieurs câbles d’un coup : au large de Taïwan en décembre 2006, au large de la Côte d’Ivoire en mars 2024 (coupure attribuée à un glissement) ;
- les éruptions : aux Tonga en janvier 2022, l’unique câble international est resté coupé environ cinq semaines.
Les défaillances de composants immergés sont rares.
La réparation suit toujours la même séquence :
- localiser le défaut depuis les stations, par mesures optiques et électriques ;
- mobiliser un navire câblier, au titre d’un accord de maintenance par zone ;
- obtenir les autorisations, faire route, attendre la météo ;
- repêcher le câble au grappin, le couper, épisser une section de rechange, tester, reposer.
Le délai va d’une à deux semaines dans une zone bien desservie par beau temps à plusieurs semaines ou plusieurs mois quand les permis, l’insécurité ou la file d’attente s’en mêlent. La flotte mondiale compte quelques dizaines de navires, vieillissants. Un événement qui touche plusieurs câbles crée donc une file.
Règle d’architecture : une coupure sous-marine se compte en semaines. Un plan de continuité qui suppose un rétablissement opérateur en quatre heures confond la fibre du trottoir d’en face avec celle qui repose par quatre mille mètres de fond. Les pénalités contractuelles, elles, ne transportent aucun paquet.
Menaces sur les câbles sous-marins : sabotage, écoute, dépendance à un point de passage
Section intitulée « Menaces sur les câbles sous-marins : sabotage, écoute, dépendance à un point de passage »La dégradation délibérée. L’attaque la moins chère est une ancre qu’on laisse traîner, et elle ne se distingue pas d’un accident.
- En mer Baltique, plusieurs câbles de télécommunication, un gazoduc et une liaison électrique ont été endommagés en 2023 et 2024. Les enquêtes ouvertes désignent des ancres traînées par des navires marchands ; l’intention n’est pas publiquement établie dans tous les cas.
- En mer Rouge, plusieurs câbles ont été endommagés en février 2024, puis de nouveau en septembre 2025. Les réparations de 2024 ont pris des mois, pour des raisons de permis et de sécurité autant que de technique. L’explication la plus citée reste, là aussi, l’ancre d’un navire et non une attaque directe sur les câbles : une zone de conflit suffit à couper un câble, puis à retarder le navire qui vient le réparer.
Hors des eaux territoriales, le droit de la mer laisse peu de moyens d’agir contre un navire sous pavillon tiers. Les contre-mesures sont étatiques : surveillance maritime, ensouillage, capacité de réparation. La Commission européenne a publié une recommandation en février 2024, puis un plan d’action en février 2025. À l’échelle d’un architecte, il n’existe aucune contre-mesure sur le câble lui-même. Tout se joue sur la diversité.
L’écoute. Elle est possible à trois endroits :
- À terre, en station ou sur le backhaul. C’est de loin le plus accessible, avec ou sans la coopération de l’exploitant. Des documents rendus publics en 2013 décrivaient des programmes de collecte massive aux points d’atterrissement.
- En mer. C’est techniquement lourd et réservé à quelques États. Le précédent historique documenté concerne un câble en cuivre pendant la guerre froide.
- Par le système de gestion : la supervision et la reconfiguration à distance des équipements font partie de la surface d’attaque, comme la chaîne d’approvisionnement.
La dépendance à un point de passage. Elle est physique et politique à la fois : un État de transit délivre les permis de pose et de réparation, et fixe ses conditions. Voir aussi Menaces réseau et détection.
Ce que le chiffrement de bout en bout règle, et ce qu’il ne règle pas
Section intitulée « Ce que le chiffrement de bout en bout règle, et ce qu’il ne règle pas »Il règle la confidentialité et l’intégrité du contenu contre toute écoute en mer, en station ou sur le backhaul. La condition : les clés restent aux extrémités, avec TLS (Transport Layer Security) ou IPsec (Internet Protocol Security), voir TLS ou tunnel VPN IPsec.
Il ne règle pas :
- la disponibilité : chiffrer ne répare pas une ancre ;
- les métadonnées : qui parle à qui, quels volumes, à quel rythme ;
- la capture pour déchiffrement ultérieur : un trafic enregistré aujourd’hui peut attendre. Les secrets à longue durée de vie justifient un échange de clés hybride post-quantique ;
- le chiffrement de ligne fourni par l’opérateur : les clés sont chez lui. Il protège du piquage en mer, pas de la station.
Latence et géographie des câbles
Section intitulée « Latence et géographie des câbles »La lumière parcourt environ 200 000 km/s dans le verre, soit 5 ms par millier de kilomètres et 10 ms en aller-retour. Les câbles ne suivent pas le plus court chemin : ils contournent les reliefs, font le détour par les atterrissements, puis par le backhaul.
Ordres de grandeur incompressibles :
| Trajet | Longueur de câble | Aller-retour minimal |
|---|---|---|
| Transatlantique nord, de côte à côte | 6 000 à 7 000 km | 60 à 70 ms |
| Europe vers Asie de l’Est par Suez | plus de 15 000 km | plus de 150 ms |
Aucune optimisation applicative ne négocie avec la vitesse de la lumière dans le verre ; elle ne lit pas les tickets.
Deux conséquences. Une réplication synchrone intercontinentale fait payer l’aller-retour complet à chaque écriture, ce qui la disqualifie pour presque tout usage transactionnel. Après une coupure, le détour par un autre océan ajoute de quelques dizaines à plus de cent millisecondes : les délais d’expiration réglés sur la latence nominale lâchent à ce moment-là. Les bases sont posées dans Données, signaux et latence.
Coupure de câble et routage BGP
Section intitulée « Coupure de câble et routage BGP »Quand un câble tombe, les liens qu’il portait tombent avec lui. Les sessions BGP (Border Gateway Protocol) concernées se ferment, des routes sont retirées et d’autres, plus longues, prennent le relais. La convergence prend de quelques secondes à quelques minutes. Le problème commence après.
BGP choisit selon des politiques et des longueurs de chemin d’AS (Autonomous System, réseau sous administration unique). Il ignore la latence et la capacité restante. Tout le trafic se déverse donc sur les chemins survivants, qui saturent aux heures de pointe. Les symptômes typiques :
- un saut de latence durable ;
- des pertes en soirée ;
- des chemins asymétriques : aller par un océan, retour par un autre.
En anycast, les zones d’attraction se déplacent et des utilisateurs se retrouvent servis par un site bien plus lointain. Le mécanisme est détaillé dans BGP, internet et anycast.
Certains opérateurs réservent de la capacité de restauration sur d’autres câbles, d’autres non. Les protections de la couche opérateur (MPLS, GMPLS, SD-WAN et overlays opérateurs) ne valent que si le chemin de secours emprunte un autre câble. La différence ne se voit que le jour de la coupure, sauf à poser la question avant.
Diversité de chemins réelle : ce que la géographie des câbles impose à une conception
Section intitulée « Diversité de chemins réelle : ce que la géographie des câbles impose à une conception »Prérequis. Trois éléments doivent exister avant toute discussion :
- un inventaire des flux qui traversent un océan : réplication, authentification auprès d’un fournisseur d’identité hébergé ailleurs, services tiers en ligne, plan de contrôle d’un cloud, résolution DNS (Domain Name System) ;
- un AS et un raccordement multi-opérateurs, si l’objectif est de piloter ses chemins ;
- des contrats qui autorisent à poser des questions sur les routes physiques.
Le compromis central. La diversité réelle coûte cher : une route de secours plus longue, plus lente et plus onéreuse, un travail d’audit, des fournisseurs qui rechignent à documenter. La diversité de contrats ne coûte presque rien et ne protège de presque rien.
La recommandation. Elle dépend d’une seule question : le service doit-il traverser l’océan pour fonctionner, ou seulement pour se synchroniser ?
- S’il doit traverser : exiger une diversité documentée par corridor, jusqu’aux stations et au backhaul.
- Si ce niveau est inaccessible : abandonner l’illusion et rendre chaque région autonome, avec synchronisation asynchrone. Cette option est souvent la moins chère des deux et la plus robuste.
L’arbre de décision se lit de haut en bas. Chaque « non ou inconnu » ramène à une diversité de façade.
Les questions à poser à un fournisseur de transit ou de capacité :
- Quels systèmes de câbles pour chaque chemin, et quelles stations d’atterrissement ?
- Quel tracé de backhaul jusqu’au PoP (Point of Presence, point de présence) ?
- Capacité détenue en IRU ou louée, et à qui ?
- Quels SRLG (Shared Risk Link Group, groupe de liens exposés au même risque) sont déclarés entre les deux chemins ?
- Quelle capacité de restauration est réservée, et sur quel câble ?
- Y a-t-il notification préalable en cas de réaffectation d’un circuit ?
La dernière compte autant que les autres. Les opérateurs déplacent des circuits pour optimiser leur réseau, et une diversité vérifiée à la signature s’érode sans bruit.
Le choix d’une région cloud. Deux régions de part et d’autre du même détroit partagent le même risque, quel que soit le nombre de zones de disponibilité affiché. Le réseau entre régions d’un fournisseur emprunte les mêmes mers que tout le monde. Une région desservie par peu de câbles peut rester intacte localement et perdre l’essentiel de son lien avec le reste du monde. Les aspects réseau du cloud sont dans Cloud networking et VPC.
Exemple : deux transitaires distincts, un seul détroit
Section intitulée « Exemple : deux transitaires distincts, un seul détroit »Un site européen sert des utilisateurs en Asie par deux transitaires, choisis pour leur indépendance capitalistique. Chacun loue sa capacité sur un câble différent. Les deux câbles franchissent le même détroit à quelques kilomètres d’écart. Le schéma déroule la chronologie. À y lire : le moment où les deux secours convergent vers les mêmes chemins restants.
Le routage a fonctionné comme prévu, et c’est le piège. Aucune session n’est restée tombée et la supervision de disponibilité est verte. Le service est pourtant inutilisable pour toute application sensible à la latence ou aux pertes. La redondance achetée couvrait la faillite d’un opérateur, pas un événement géographique.
Deux corrections sont valables :
- un second chemin par un autre corridor, plus cher et plus lent en nominal ;
- un point de service en Asie capable de tenir sans le lien.
Exploitation d’une dépendance aux câbles sous-marins : inventaire, supervision, reprise
Section intitulée « Exploitation d’une dépendance aux câbles sous-marins : inventaire, supervision, reprise »Une diversité de chemins se maintient, elle ne se constate pas une fois pour toutes.
- Inventaire : tenir à jour la correspondance entre flux critiques, opérateur, câble, corridor et station. Sans elle, impossible de dire en dix minutes si une coupure annoncée concerne le service.
- Supervision : mesurer en continu la latence et les pertes de bout en bout par chemin, pas seulement l’état des sessions. Un saut de latence stable de plusieurs dizaines de millisecondes signe un reroutage. La méthode est dans Captures, observabilité et diagnostic, avec la réserve d’usage sur la géolocalisation des adresses IP.
- Revue : revérifier les routes physiques à chaque renouvellement de contrat et après chaque incident majeur dans un corridor utilisé.
- Reprise : écrire le scénario « lien intercontinental dégradé pendant un mois » dans le plan de continuité, et tester le fonctionnement régional isolé. Voir Continuité, sauvegardes et PRA (plan de reprise d’activité).
Les satellites peuvent-ils remplacer les câbles sous-marins ?
Section intitulée « Les satellites peuvent-ils remplacer les câbles sous-marins ? »Non, pas en volume. Les câbles portent la quasi-totalité du trafic intercontinental. Les constellations en orbite basse offrent une latence correcte, mais ne délivrent sur une zone donnée qu’une petite fraction de la capacité d’un câble récent, et leurs stations passerelles au sol sont elles-mêmes raccordées à la fibre. Elles servent de secours pour un trafic minimal (administration, messagerie de crise, plan de contrôle), pas de chemin de repli pour une production.
Peut-on savoir par quel câble passe son trafic ?
Section intitulée « Peut-on savoir par quel câble passe son trafic ? »Rarement avec certitude depuis l’extérieur. Un traceroute montre un saut de latence entre deux routeurs, donc une traversée, et les noms d’équipements donnent parfois des villes. Le câble lui-même relève de la couche optique, invisible en IP. La seule source fiable est le fournisseur, d’où l’intérêt d’une clause contractuelle.
Les requins coupent-ils vraiment les câbles ?
Section intitulée « Les requins coupent-ils vraiment les câbles ? »L’histoire a la vie dure, les statistiques beaucoup moins : les morsures représentent une part négligeable des défauts recensés. Le prédateur dominant du câble sous-marin reste le chalutier, suivi de près par le cargo qui mouille au mauvais endroit.
🐝 Ce qui arrive si on s’en passe
Section intitulée « 🐝 Ce qui arrive si on s’en passe »Sans lecture géographique, les décisions de résilience reposent sur des hypothèses que personne n’a vérifiées. Le basculement vers une région de secours échoue parce qu’elle n’est joignable que par le corridor déjà coupé. Les files de réplication grossissent jusqu’à dépasser la perte de données tolérée, sans alerte, puisque chaque lien reste « actif ». Les délais d’expiration réglés sur la latence nominale déclenchent des rafales de nouvelles tentatives qui aggravent la saturation. En cellule de crise, personne ne sait dire si l’incident durera quatre heures ou six semaines : la décision de basculer ou d’attendre se prend à l’aveugle. Enfin, sans clause sur les routes physiques, aucun levier contractuel ne permet d’exiger autre chose qu’un avoir.
🦫 Explication de la marmotte 🍫
Section intitulée « 🦫 Explication de la marmotte 🍫 »Presque toutes les données qui passent d’un continent à l’autre voyagent sous forme de lumière dans des fils de verre très fins, regroupés dans des câbles posés au fond des océans. Tous les cinquante à cent kilomètres, un boîtier immergé redonne de la puissance à la lumière ; ces boîtiers reçoivent leur électricité depuis la côte, par le câble lui-même. Le câble sort de l’eau sur une plage, rejoint un bâtiment technique, puis des fibres enterrées l’emmènent vers les grands centres informatiques d’une ville. Ces câbles appartiennent à des groupes d’opérateurs de télécommunications ou aux géants du web, qui en louent des parts aux autres. Comme ils empruntent les mêmes détroits et arrivent sur les mêmes côtes, un seul accident peut en couper plusieurs : le plus souvent une ancre ou un filet de pêche, parfois un séisme, parfois un acte volontaire. Réparer demande un navire spécialisé qui remonte le câble et le ressoude, ce qui prend des semaines. En attendant, les réseaux envoient automatiquement les données par d’autres chemins, plus longs et vite encombrés : tout ralentit. Chiffrer les données empêche de les lire en route, mais n’empêche pas la coupure. Pour qu’un service reste disponible, il faut donc vérifier que ses chemins de secours passent réellement ailleurs, ou qu’il sait fonctionner sans traverser l’océan.
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- Continuité, sauvegardes, PRA/PCA et haute disponibilité
: les deux pages se citent l’une l’autre.
